LAMIEL
Dans son atelier parisien, Lamiel redonne vie aux fragments du passé. Sur des papiers anciens, patinés par le temps, des silhouettes émergent, des visages se devinent. Des présences silencieuses, venues d’ailleurs, ancrées dans la mémoire et la matière. Papiers tachés, jaunis, piqués de différentes nuances et textures s’assemblent pour faire partie du paysage artistique.
Comme les surréalistes classiques au début du siècle dernier, Lamiel hante les marchés aux puces, librairies anciennes, et bon nombre de vide-greniers espérant la «rencontre fortuite» appropriée.
Ce qui était peut-être considéré comme une matière morte est alors récupérée afin de lui donner une nouvelle existence et une nouvelle vitalité, devenant de vrais parchemins de vie qui combinent le passé et le présent .
Technique et matériaux mis à part, c’est dans l'impact émotionnel et sentimental de ses créations artistiques que la véritable singularité de Lamiel réside. Rarement une telle simplicité a été transformée en images véritablement envoûtantes, qui transmettent la beauté, le calme et l'harmonie. C'est un art qui exsude la chaleur. En regardant son travail, en l’étudiant, on ne peut s’empêcher d’entrer dans son Royaume.
Plus qu’un spectateur, on devient un explorateur, cherchant toujours de nouvelles choses à voir dans le domaine que chaque œuvre dépeint. Jamais n’a été plus pertinente la conviction que la véritable matière de l’art n’est pas tant dans le corps de l’oeuvre qu’à l’intérieur de chacun de nous. Ici plus qu’ailleurs il faut laisser le regard se détacher du corps pour occuper l’espace tout autour .
L’artiste manipule avec une sobre sagesse, une force figurative aux limites de la monochromie. Une vision particulière de l’orientalisme avec tout ce que ce regard contemporain place d’écart entre rêve et réalité dans une proposition qui génère tout en le conservant le sentiment de voyage.
- Jeremy Lester
du 12 mars au 04 avril 2026
Galerie Samagra
Tremblant comme un mirage, couleur du sable et de la poussière, couleur des chemins empruntés par les troupeaux, tel est l’univers de Lamiel . Aimantée par le sud, l’artiste trace sa route à travers dunes et collines, dans le pas des nomades, des bergers, des errants magnifiques.
Adepte du Wabi-sabi, elle chine des papiers et tissus anciens, sur lesquels elle déroule la trame de son récit .Une méditation infiniment sensible sur le temps et l’espace .